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C’est quoi un trouble alimentaire?

Tu as sans doute déjà remarqué que nos émotions et la façon dont nous nous alimentons sont intimement reliées. Penses-y… t’est-il déjà arrivé de ne pas manger, car tu étais stressé (la veille d’un examen, par exemple)? De manger pour calmer ta peine et te sentir mieux? De sauter un repas, car tu te sens gros ou grosse? De te sentir coupable après avoir mangé un aliment en particulier?

Nous éprouvons tous, à différents degrés, de la difficulté à s’alimenter de façon équilibrée, à apprécier notre corps et à le traiter de la meilleure façon qui soit. Sache qu’il n’y a pas de mal en soi à manger un peu plus qu’à sa faim de temps à autre, de manger un aliment qui te fait plaisir pour apaiser ta peine. Par contre, cela peut devenir problématique quand la nourriture, le fait de manger ou de ne pas manger, est la seule façon que tu as de gérer les émotions avec lesquelles tu es moins à l’aise. Certaines personnes finissent par développer ce que l’on appelle un trouble alimentaire en réponse à une ou à des situations difficiles.

Tu as sans doute déjà entendu parler de l’anorexie ou encore de la boulimie; c’étaient les troubles alimentaires les plus connus, jusqu’à tout récemment. Aujourd’hui, on commence à parler de plus en plus, grâce à l’avancée des recherches, des autres troubles alimentaires, tels que l’hyperphagie boulimique et les troubles alimentaires non spécifiés (comme la bigorexie). Les troubles alimentaires sont des troubles de santé mentale complexes, à ne pas prendre à la légère.

Quelles sont les causes des troubles alimentaires?

Il existe une multitude de facteurs qui font en sorte qu’une personne souffre d’un trouble alimentaire. Cela veut dire qu’il n’y a pas qu’une seule cause, mais bien une combinaison de facteurs qui mènera une personne à développer un trouble alimentaire.

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Quelle est la période la plus propice au développement d’un trouble alimentaire?

L’adolescence et la période « jeune adulte », soit de 14 à 25 ans, représentent le moment où tu es le plus à risque de développer un trouble alimentaire. Pourquoi? L’adolescence et le début de l’âge adulte sont des moments où l’on expérimente beaucoup de nouveautés, de changements et d’évènements stressants. Notamment, le passage d’un niveau scolaire à un autre, les premières relations amoureuses et sexuelles, la puberté, le déménagement de chez ses parents ou tuteurs pour vivre seul ou en colocation, l’arrivée sur le marché du travail, etc.

C’est une période d’adaptation où tu es en quête d’identité, où tu apprends à te connaître, à te forger une personnalité et à t’affirmer. Bref, pour certaines personnes, ces événements peuvent être difficiles à gérer et pour passer au travers, elles auront recours à des comportements malsains par rapport à leur corps et à l’alimentation.

Une maladie au-delà de la nourriture

Pour bien comprendre ce qu’est un trouble alimentaire, nous t’invitons à imaginer un iceberg. Le morceau de glace à la surface de l’eau représente les comportements que l’on est en mesure d’observer chez une personne qui souffre d’un trouble alimentaire. Par exemple, une perte de poids drastique, le fait de s’isoler et de sauter des repas, etc. Se cache derrière ces comportements (en dessous de l’eau) une grande souffrance.

Les troubles alimentaires donnent l’impression aux gens qui en souffrent d’exercer un certain contrôle sur leur vie. Ils leur permettent de gérer des sentiments, des conflits ou  des situations difficiles. Ils leur servent, en quelque sorte, de bouée de sauvetage lors d’une période douloureuse. Dit ainsi, les troubles alimentaires semblent être aidants et semblent être des alliés, ce qui n’est en fait pas le cas. Tu auras compris que cette façon de s’adapter aux exigences de la vie n’est pas saine (mais c’est la seule que possède la personne à ce moment) et qu’elle ne peut fonctionner à long terme. Les troubles alimentaires ont d’ailleurs leur lot de conséquences.

Qui peut souffrir d’un trouble alimentaire?

Il est important de noter que peu importe son âge, son sexe, son orientation sexuelle, sa religion et ses origines culturelles, une personne peut souffrir d’un trouble alimentaire.

Quels sont les différents troubles alimentaires?

Anorexie

L’anorexie se caractérise par une peur intense de prendre du poids. Une personne qui souffre d’anorexie éprouvera des sentiments de honte et de culpabilité particulièrement forts après avoir mangé. Le contrôle de son poids et le fait de devoir rester mince occuperont une place importante dans ses pensées et dans sa vie (ex. la personne peut se peser plusieurs fois par semaine, voire par jour, calculer constamment les calories qu’elle ingère). L’anorexie est aussi associée à une distorsion de l’image corporelle, c’est-à-dire que la personne peut se sentir « grosse », même si en réalité, elle est bien en dessous de son poids santé. Une personne aux prises avec ce trouble alimentaire tentera d’exercer un contrôle exagéré sur ce qu’elle mange. Elle présentera des comportements et des pensées très rigides au sujet de l’alimentation (ex. la fait de s’interdire certains aliments en particulier).

Chez les filles, l’anorexie peut engendrer des irrégularités menstruelles, voire l’arrêt complet des menstruations.

On associe souvent anorexie et maigreur. Il importe de savoir que ce n’est pas parce qu’une personne a un faible poids qu’elle souffre d’anorexie. Il arrive qu’une personne qui souffre d’anorexie soit très maigre, compte tenu de ses comportements alimentaires. Par contre, sache qu’une personne peut ne pas être maigre, avoir un poids qui semble sain pour elle ou être considérée au-dessus de son poids « santé », et souffrir d’anorexie. On ne peut se fier uniquement au poids pour dire que quelqu’un souffre d’anorexie.

Boulimie

La boulimie se caractérise par un cycle de compulsions alimentaires (aussi appelées crises alimentaires) suivi de comportements compensatoires. En d’autres mots, la personne qui souffre de boulimie perd le contrôle de son alimentation. Elle  ingère une grande quantité de nourriture en très peu de temps, même si son corps ne ressent plus la faim. Ces épisodes, appelés crises alimentaires (ou compulsions), peuvent avoir lieu dans des moments particulièrement éprouvants émotionnellement.

Par la suite, la personne aura recours à des comportements qu’on dit « compensatoires », c’est-à-dire qui visent à éliminer la nourriture qu’elle a absorbée (ex. faire de l’exercice de façon très intensive). Ces moments sont accompagnés d’une grande culpabilité, d’un dénigrement de soi et d’un malaise tant physique que psychologique. La personne qui souffre de boulimie est souvent insatisfaite de son image corporelle et présente des obsessions face à son poids et à la nourriture. Il est difficile de détecter si une personne souffre de boulimie, à moins d’être près émotionnellement de la personne ou d’être un intervenant. Une personne qui souffre de boulimie peut sembler en très bonne santé. Elle peut avoir un poids qui semble sain pour elle ou encore être considérée en surpoids. Il faut donc être aux aguets des indices suivants :

  • Si la personne parle constamment de son poids et de son apparence.
  • Si elle compare son corps avec celui des autres.
  • Si elle s’isole (est de moins en moins présente lors d’activités entre amis, lors des repas).
  • Si elle se sent coupable après avoir trop mangé.
  • Tu peux consulter le questionnaire Suis-je à risque? pour t’éclairer davantage.

Hyperphagie boulimique

Ce trouble se caractérise par des épisodes où la personne mange des quantités particulièrement excessives de nourriture, c’est-à-dire qu’elle perd totalement le contrôle de la quantité d’aliment qu’elle ingère. Elle mange au point où elle se sent très inconfortable, soit bien au-delà de sa faim. Les personnes qui souffrent d’hyperphagie peuvent manger pour calmer certaines émotions qu’elles trouvent plus difficiles. Par exemple, lorsqu’elles ont de la peine, sont en colère ou encore se sentent seules et s’ennuient. La nourriture peut devenir, en quelque sorte, une source de réconfort et de bien-être pour elle.

Comme tu dois t’en douter, lorsqu’elle mange de façon excessive, la personne qui souffre d’hyperphagie, se sent honteuse et coupable. Ces épisodes de crise ne sont pas suivis de comportements dits  compensatoires. Les personnes aux prises avec l’hyperphagie sont souvent en surpoids, en raison de leurs comportements alimentaires. Elles ont recours ou ont eu recours à des régimes amaigrissants (diètes) à répétition, en espérant à chaque fois avoir enfin trouvé la solution pour perdre du poids et se sentir plus heureuses.

Troubles alimentaires non spécifiés

Les troubles alimentaires non spécifiés englobent les problématiques qui ne répondent pas précisément à l’ensemble des critères des troubles alimentaires spécifiques tels que l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique. Il s’agit, en quelque sorte, d’une catégorie « fourre-tout » qui comprend les troubles alimentaires que l’on ne peut encore bien expliquer et comprendre.

Les personnes qui souffrent d’un trouble alimentaire non spécifié sont généralement insatisfaites de leur corps et de leur poids, qui deviennent une source d’obsessions et de souffrance. Les personnes qui en sont atteintes peuvent compter sans cesse les calories, avoir recours aux régimes amaigrissants (elles essaient constamment de nouveaux régimes et de nouvelles techniques à la mode pour perdre du poids ou devenir plus musclé), adopter des habitudes de surentraînement, etc.

La bigorexie et l’orthorexie sont deux exemples de troubles alimentaires non spécifiés dont on entend parler de plus en plus.

Bigorexie

La bigorexie ou dysmorphie musculaire se caractérise par une impression d’être trop mince et jamais assez musclé. La bigorexie est aussi nommée anorexie inversée. Il s’agit d’un trouble alimentaire qui touche plus particulièrement les hommes, ainsi que les personnes dans le milieu sportif. Il est possible que la personne atteinte de bigorexie instaure des règles strictes face à son alimentation (ex. manger à des heures précises, des aliments en particulier), aux entraînements (surentraînement) et dans certains cas, à la prise de suppléments. Des sentiments de culpabilité et de honte sont présents lorsque la personne concernée ne réussit pas à suivre l’horaire d’entraînement qu’elle s’est donné. Les autres activités, loisirs et moments de détente sont mis de côté au profit de l’entraînement.

Orthorexie

L’orthorexie se caractérise par l’obsession de manger sainement. La personne qui souffre d’orthorexie est angoissée à l’idée de manger de la nourriture qu’elle juge mauvaise ou malsaine (ex. de la nourriture, qui, pour elle, contient trop de gras, de sel, de sucre ou de substances artificielles). Elle se concentre principalement sur la qualité de son alimentation. Elle s’impose plusieurs restrictions et le fait de déroger de son régime alimentaire est synonyme de grande culpabilité. En raison de l’ampleur de ces comportements, les repas entre amis ou au restaurant deviennent trop difficiles à gérer et amènent la personne à s’isoler. La planification, l’achat et la préparation des aliments dominent ses activités quotidiennes. La nourriture devient, en quelque sorte, la chose la plus importante de sa vie, au détriment du reste.

Quelles sont les conséquences possibles d’un trouble alimentaire?

Les conséquences physiques, psychologiques et sociales d’un trouble alimentaire sont nombreuses et graves. Non-traités, les troubles alimentaires peuvent mener à la mort.
Sache qu’heureusement, la majorité des conséquences sont réversibles, ce qui veut dire qu’elles ne seront plus présentes avec le rétablissement (si la personne se remet à manger de façon équilibrée et cesse les comportements compensatoires).

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Est-ce possible de guérir?

Il est possible de guérir complètement d’un trouble alimentaire. Par contre, sache qu’il n’existe pas de solution miracle et qu’une personne ne peut s’en sortir seule. Le rétablissement est possible avec l’aide de professionnels. À travers le processus de recherche d’aide et de guérison, il est également important de s’allier à des personnes de son entourage que l’on considère significatives. Outre les parents ou tuteurs (qui auront un rôle majeur à jouer), il peut s’agir  d’un ou une amie en qui l’on a confiance et qui sera là dans des moments plus difficiles.

Le chemin qui mène à la guérison peut sembler long et difficile, mais il en vaut la peine! La guérison permet de vivre pleinement (et non survivre), de se réaliser et d’atteindre certains objectifs de vie, et de réaliser des rêves (comme la poursuite de ses études et l’obtention d’une carrière dans le domaine qui nous inspire ou la possibilité de fonder une famille si c’est quelque chose qui nous tient à coeur).

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